Avec (nos?) excuses ! (Permis de port de parapluie exigé!)

Voilà qui manquait …

Moi qui suis déjà de fort mauvaise humeur depuis le début de l’année, me voilà servi!

Un peu comme une cerise sur le gâteau.

J’étais déjà totalement exaspéré par la « pseudo » moralisation en cours dans les salles de rédaction et par la dangereuse montée du vomi anonyme, mais là c’est le comble.

Les gugusses sont de sortie, le Cirque est entré (avant l’heure) à Genève (Note pour Philippe S. : c’est de nouveau une allusion à Serge Reggiani…).

On peut, et la toile ne s’en prive pas, s’indigner. C’est très tendance. On peut condamner. On peut même encenser l’un ou l’autre protagoniste. On peut tout faire. Y compris postuler que les deux protagonistes sont les plus gros bosseurs du Parlement… Si, si, on peut …

Je vais donc, comme d’hab, prendre un chemin de traverse. Et ce chemin, c’est celui de présenter au nom des Parlementaires (qui ne m’ont rien demandé c’est un fait) nos excuses pour le pitoyable spectacle que nous avons donné hier.

Un Parlement n’est pas un ring de boxe. Que l’on confronte avec plus ou moins de vigueur nos opinions. Oui. Somme toute nous avons été élus pour défendre des idées. Mais en arriver à des violences physiques. Non.

C’est un échec institutionnel. C’est le début d’une faillite de la démocratie. En aucune manière nous ne devons banaliser un tel incident. Je l’ai déjà dit, une bonne baffe, pourquoi pas. Mais il y a des lieux pour ça. La Plaine de Plainpalais par exemple.

 

« L’enui, dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensé pleins de doutes» (Bertrand Russell)

 

 



Idées Sombres

A ma droite, un « journal » que l’on parcourt en moins de 20 minutes; à ma gauche un « journal » qui fit une partie de l’histoire de Genève. Devant, des télévisions,et des stations de radio. Certaines que vous payez (trop) grassement, d’autres plus locales. Tout autour, des meutes variées attirées par l’odeur du sang à venir. Un climat délétère, une jubilation malsaine, la victoire des anonymes.

Tout ça pour ça …

Un gouvernement incapable, mercredi après mercredi de régler cette crisounette, un gouvernement qui montre au grand jour sa désunion, un parti, mon parti qui fonce dans le mur (mais cela aurait-il été différent si cela avait été un autre Conseiller d’Etat d’un autre parti ? Je ne crois pas.)

Tout ça pour ça …

Du haut de son cheval, Henri Dufour, le regard perdu, s’enfuit de la Haute Ville, William Rappard a quitté les bords du lac, Jean-Jacques que l’on essaie de faire revenir 300 ans après n’entend sous aucun prétexte revenir. D’autres, sentant probablement le mauvais vent venir, étaient déjà partis. La nature détestant le vide, petit à petit, ces creux ont été remplacés par la médiocrité. A tous les niveaux.

D’aucuns réclament l’arrivée des Gueux, d’autres l’entrée des Loups. Somme toute, pourquoi pas ? Faut-il les craindre ? Seront-ils vraiment tellement pires que ce que nous sommes maintenant devenus ?

Sommes toutes, je n’en sais rien. Mais à certains moments, je me prends à penser que tout vaut mieux que cette lâcheté et cet avilissement du politique, ce sordide manque de courage.

On exige la tête d’un homme. La raison ce soir en demande au moins 7 (têtes) . Et l’élégance (oui, je sais, c’est un gros mot) voudrait qu’il y en ait 107.

Pour espérer s’en sortir. Et repartir.

 



Lettre/Blog à un faux cul

Tu ne t’engages pas, t’es dans le « système », tu profites…

C’est ton droit. Tu as de la chance, mais c’est ton droit. Ce n’est probablement pas partout un droit, mais ici, t’as de la chance, ça l’est.

Tu parcours les journaux gratuits (que tu jettes d’ailleurs négligemment par terre une fois que tu les as lus) et de temps à autre tu envoies un commentaire anonyme aux dits journaux.

C’est ton droit; tu as de la chance, mais c’est ton droit.

Tu critiques, tu réprouves, ce n’est pas comme tu veux, tu n’as pas tous les privilèges que tu devrais avoir. Et tu le fais savoir.

Tu ne votes pas, tu ne t’intéresses pas au monde qui t’entoure, t’en as rien à foutre des autres.

C’est ton droit. Tu as de la chance, mais c’est ton droit.

Je n’ai aucune considération pour toi, tu me fatigues, tu es un moins que rien. Et je le dis.

Ça, c’est mon droit!

Tu essayes de te placer, tu tires sur l’ambulance, t’es ambitieux, tu veux être Calife à la place du Calife.

C’est ton droit

Tu m’écoeures, tu ne vaux pas la moitié de celui sur qui tu craches.. Cracher dans la soupe, c’est tellement « classe ».

Je le dis et c’est mon droit.

Et bien là, vois-tu, je suis fatigué et écoeuré. Oui, ça fait longtemps que je me suis engagé, que j’ai fait le choix de donner de mon temps, non seulement parce que je trouvais ça normal, et que ça m’intéressait; mais aussi parce que j’ai toujours pensé que je pouvais peut-être amener quelque chose à la construction de notre société. En mettant en avant ce que je crois et en défendant ce que sont mes valeurs.

Je veux bien croiser le fer avec celles et ceux qui ont aussi fait ce choix de s’engager.

Mais je ne veux pas le faire avec toi. Qui juge sans connaître, qui condamne sans savoir.

Il est allé tirer un coup aux toilettes ? La belle affaire!

Il s’est fritté avec un barman ? Sottise d’adolescent attardé!

Comme toi, j’en ai fait autant. Sans que cela devienne une affaire d’Etat. Et oui, c’est un homme, contrairement à toi. Et pas un demi-dieu …

Pour des raisons qui le concernent, il n’a pas dit toute la vérité.

Alors que tu aboies et hurles avec les loups; moi j’ai de la colère et de la tristesse (oui Daniel, je sais…) . Non pas pour ce qu’il a fait, ce dont je me tamponne le coquillard, mais parce qu’en ne disant pas tout, il déchaine les commentaires odieux du genre que tu affectionnes: « Tous pourris ! »

Et dans la mesure où je ne suis pas plus pourri que toi, voire bien moins, cet amalgame me gêne. Me blesse. En un mot, m’insupporte.

C’est ton droit. Je le sais. Mais j’en ai marre que tu me brandisses « ton droit ». Et que tu ne me parles jamais de tes devoirs …

Donc je crois que je vais partir. Il y a tant d’autres choses à faire.

Mais toi, pour une fois, une seule, vas-tu t’engager ? Ou préféreras-tu continuer à critiquer à l’ombre de ta télé ?

J’ai un doute. Un sérieux doute. Car contrairement à lui, t’as pas de couilles.