Les Bien-pensants

…”Mais ce qui ne tue pas rend plus fort et hardi, la douleur m’a appris. C’est sur mon dos que je porte, une étoile, une peine, un silence, un défi. Mais au seuil de ma porte moi j’en fais une aubaine, moi j’en fais un cadeau”…
Auteur Corse

Le bien-pensant, c’est son statut, sait. Il sait ce qui est bien, il sait ce qui se fait, et ce qui ne fait pas. Le bien-pensant déjeune dans son Club avec d’autres bien-pensants. Et ils causent… Sur ce qui se fait, et surtout, sur ce qui ne se fait pas. Ils ne parlent pas d’eux bien sûr, mais des “autres”. Et les jugements tombent. Définitifs. Avec l’assurance de celui qui a fait “fortune” sur le dos des autres. Comment UNTEL a-t-il osé dire cela, voir l’écrire ? Cela relève de l’intime ! Quelle impudence ! Quelle grossièreté ! Mais tout le monde sait que l’on ne peut pas lui faire confiance ! Essayer de comprendre ? Exclu ! Ça ne se fait pas. Ce déjeuner est une Noce à Thomas, rien ni personne ne sera épargné. Car ils sont les détenteurs de la Bien-Pensance. Ils savent… Ils sont investis de la lourde responsabilité de déterminer ce qui se fait, ce qui se dit ; mieux encore de ce qui se pense ! Mais sorti de leur cénacle, ils seront mielleux à souhait et n’hésiteront jamais, à lécher le cul de ceux qui peuvent leur être utiles. Etre bien-pensant demande une certaine souplesse…
Le repas terminé, une petite tape sur le derrière de la serveuse, et ils repartent dans leur grand bureau directorial, sans oublier de vite téléphoner à leur maitresse…
J’en appelle ici aux vertus bienfaitrice de la chasse d’eau !