Entre la Charte et le doigt!…

A force de réagir (pour ne pas dire subir…) on oublie un peu facilement que tout a déjà été dit, voir écrit et à de nombreuses reprises.

Ainsi donc, et en avant-première, voici la charte d’honneur, très largement inspirée par Rudyard K.

 

 

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta majorité

Et sans dire un seul mot te mettre à la rebatir,

Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir;

 

Si tu peux être élu sans être fou d’orgeuil,

Si tu peux être fort sans cesser d’être à l’écoute

Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre;

 

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

Travesties par des « journalistes » pour exciter des sots,

Et d’entendre mentir sur toi leur bouche folle,

Sans mentir toi-même d’un seul mot;

 

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère

Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi;

 

Si tu sais méditer, observer et connaître

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n’être qu’un penseur;

 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage

Sans être moral ni pédant;

 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

 

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

 

Tu seras un bon élu, mon fils.

 

Si tu peux rester calme alors que tous tes proches

Semblent perdre la tête et vouloir t’en blâmer,

Si tu peux croire en toi face à tous leurs reproches

Mais comprendre leur doute et toujours les aimer ;

Si tu peux espérer sans te lasser d’attendre,

Si tu ne sais mentir à ceux qui t’ont menti,

Si celui qui te hait, tu ne peux le lui rendre,

- Mais sans parler en Sage, ou sembler trop gentil ;

 

Si tu rêves – mais sans que ton rêve t’envoûte,

Si tu penses – mais non vers d’abstraites hauteurs,

Et si tu sais passer de Triomphe en Déroute

Sans te laisser berner par ces deux imposteurs ;

Si tu peux supporter qu’un vil faquin dévie

Le sens de tes propos pour abuser les sots,

Ou voir briser ton oeuvre et, penché su ta vie,

Avec de vieux outils assembler les morceaux ;

Si tu sais rester noble en parlant à la foule,

Si tu sais rester simple en côtoyant les rois,

Si pas plus que l’ami l’ennemi ne te foule,

Si tout homme t’est cher mais nul n’a trop de poids ;

Et si tu peux remplir la minute exigeante

De secondes valant la course que tu fis,

La Terre t’appartient et – leçon plus grisante :

 

- Tu seras un Homme, mon fils !

 

Et maintenant , on fait quoi ?