En été, Berne a bon dos…

Une certaine moiteur s’installant à Genève, il a paru judicieux au Conseil d’Etat de se rappeler à la mémoire de Genevois par le biais du très célèbre ‘Communiqué de presse du Conseil d’Etat’. Voilà un communiqué qui, hors vacances, tombe tous les mercredis après midi. La Voix de Leurs Excellences du Petit Conseil vient illuminer les élus….

Nous sommes en période de féérie politique, chacune et chacun peut donc raisonnablement penser à autre chose qu’à la prochaine Commission ou la prochaine prise de bec au Grand Conseil. Temps d’un repos bienvenu pour les politiciens de milice. Mais, c’est oublié un peu vite que leurs Excellences travaillent jour et nuit à notre bien-être… Ils nous ont donc pondu un épais ‘Communiqué de presse’ ce jour! Qui nous annonce, entre autres choses, une hausse de 14 % des tarifs de l’électricité à dater du 1er janvier!

Ah bon?

Non, non, ne vous affolez pas, ce n’est pas Leurs Excellences qui ont voulu cette hausse massive, c’est tout de la faute de Berne!!!! Faut adapter les tarifs aux décisions bernoises!!! C’est la faute à la RPT et à ‘Swissgrid’ (Swissgrid, c’est ceusses qui transportent l’électricité à très haute tension, qui construisent et entretiennent les lignes électriques) et qui ont décidé en début d’année d’augmenter le coût dudit transport.

Je vous l’ai dit, c’est tout la faute des Bernois…..

Quelques remarques, juste en passant:

  • L’énergie électrique est probablement trop bon marché actuellement (réouverture des centrales électriques au charbon en Allemagne est excédent de production). Pour le consommateur final, le coût de l’électricité a baissé de 13 % ces 5 dernières années.

 

  • Au cours de cette même période, le marché s’est libéralisé, entendez par là, que les gros consommateurs ont pu acheter l’électricité à qui bon leur semble; et donc faire jouer la concurrence. Cette règle ne s’applique ni à vous ni à moi qui sommes des clients captifs (nous ne pouvons pas choisir notre fournisseur).

 

  • Lorsque l’on parle d’une hausse de 14 %, cela s’applique donc à vous et à moi. Les gros consommateurs qui resteront clients des SI ne ‘subiront’ une hausse que de 1 à 8 %. Bizarre, vous avez dit bizarre ?

 

  • Dans notre joli canton, ce sont les Services Industrielles de Genève (SIG) qui exercent le quasi-monopole de la distribution d’énergie. La distribution d’énergie (dans le canton) est déjà l’une des activités les plus rentables des SIG. Voir la plus rentable…. De là à dire que cette hausse participe à une forme d’aggravation de la fiscalité, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement!

 

  • Ca l’est, peut être, aussi parce que le coût de fonctionnement des SIG est très élevé: 191 personnes travaillent pour les activités commerciales aux SIG alors qu’il s’agit d’un quasi-monopole et que les clients consomment de moins en moins! Et le programme éco 21 emploie 14.2 personnes avec des charges moyennes de… 161’971 francs par personne!

Berne a bon dos….

Et les consommateurs que nous sommes (comme pour les assurances maladies…) ne pouvons pas dire grand-chose!

Elle n’est pas belle la Vie?



Tu parles d’un SCORE ….

Imaginez un instant une grande entreprise qui réalise qu’au fil du temps elle a généré plusieurs centaines de fonctions différentes; et que certaine de ces fonctions/métiers ne sont occupées que par une personne, voir que plus personnes n’occupe cette fonction…

Il paraîtrait logique que ladite entreprise décide de revoir son “catalogue métier”, l’adapte aux nouvelles technologies, voir fasse entrer de nouveaux métiers dans son catalogue métier. De plus, certains métiers ont effectivement changé: ainsi, chacun sait que les infirmières, par exemple, sont confrontées à beaucoup plus de travaux de type administratif qu’avant. Et que, par corollaire, les aides-soignantes passent plus de temps au chevet des malades qu’avant.

De même pour les aimables voyers qui, tout en sifflotant ou en chantant, passent leur balai dans la rue. Ils sont, souvent, maintenant conducteurs de machines qui passent en ronflant sur trottoirs et chaussée. (Et depuis lors, ils ont obtenu une prime de pénibilité!…)

Il paraît donc logique que ladite entreprise décide de revoir son catalogue des métiers. Et qu’elle en profite pour revoir les critères qui déterminent le salaire. Voir la progression de celui-ci. Ce qui paraît normal dans une entreprise, prend des proportions hallucinantes à Genève: D’aucuns arguent qu’ils connaissent déjà les résultats et ce faisant manifestent qu’ils ne sont pas d’accord. Et ce, même si le Parlement qui devra adopter ledit projet n’est encore saisi d’aucun projet! Soit… On est à Genève et la défense des droits acquis relève du sport de combat cantonal. (Je fais juste remarquer en passant, mais ce n’est pas très sympa j’en conviens; que la notion de “défense des droits acquis” sonne bizarrement à mes oreilles quand je lis les journaux et que je découvre combien de dizaines de milliers de personnes n’ont plus de droits acquis pour cause de religions, de violences, de statut de réfugiés, voire de misère)

Or donc, à Genève, nous acceptons des grèves préventives pour défendre un éventuel changement de statut alors que nous ne connaissons pas encore ledit “nouveau” statut.

Petit pays, petits soucis. Et je ne peux m’empêcher de penser avec effroi et tristesse à tous ceux qui, de l’autre côté de la Méditerranée, n’ont plus que leurs yeux pour pleurer sur leur “statut”.



De la banque cantonale et du stade de Genève (panem et circenses)

La rentrée, c’est maintenant certain, sera chaude et compliquée… Loi sur la Police (tout a déjà été dit), caisse unique ou pas, traversée de la rade, etc….
De quoi faire “chauffer” le/les discours politiques…
Rajoutez à cela le projet de budget 2015 et vous avez tous les ingrédients pour une rentrée … animée!
Le budget 2015 meriterait que l’on commence à faire des choix. Entre ce qui est objectivement nécessaire et ce qui est … superflu. Malheureusement, ce n’est pas une culture que nous avons. Pendant trop longtemps, parce que nous avions trop d’argent, nous n’avons pas voulu faire de choix. Nous étions, tel ces gourmands assis à table, a vouloir fromage ET dessert, alors que nous voilà dans la situation de devoir choisir entre fromage OU dessert. Et si nous ne commençons pas à choisir ce sera très vite Ni fromage NI dessert! (L’argument de la hausse d’impôt pour résoudre cette question étant, évidemment, hors sujet…)
De façon à obtenir un petit répit, ne serait-il pas temps que l’Etat envisage de se séparer de quelques biens qui, de fait ne font pas partie de ses priorités? Ce d’autant plus quand lesdits actifs ne figurent pas (oui, vous avez bien lu) dans les comptes consolidés de l’Etat!… Donc, et pour nous aider a faire des choix drastiques, ne faudrait-il pas vendre le  stsde de Genève pour 1 franc au FC Servette
et vendre les actions de la BCGe ? Aucune de ces 2 institutions ne représente le “core business” de l’Etat. Or, si l’on veut commencer à faire des choix, ayons le courage de se séparer de ce qui n’est franchement pas nécessaire!J’admets volontiers que ces suggestions ne sont pas exhaustives. Mais ces deux là, au moins, ramèneraient quelques sous dans les poches de l’Etat!
D’autres idées?…