Grande braderie d’automne !

C’est l’automne, ce qui veut dire, à Genève, tarte aux pruneaux et projet de budget 2015 de l’Etat de Genève.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas les “subtilités” du budget cantonal, rappelons que l’on a, d’un côté le budget des investissements, et de l’autre le budget de fonctionnement. Pour 2015, on nous annonce un budget de fonctionnement très légèrement bénéficiaire, et un budget d’investissement autofinancé à 74 %, ce qui va donc entrainer une augmentation de la dette a 13’200’000’000 francs; soit tout proche du seuil fatidique du mécanisme dit “du frein aux dépenses” où la population genevoise serait appelée aux urnes pour définir ses choix entre baisse des prestations ou augmentation de la fiscalité!

Nous voilà donc nantis d’un projet de budget de fonctionnement de 7’830’000’000 francs, présentant un excédent de recettes de 1’125’000 francs et d’un budget d’investissement de 689’000’000 francs.

Ce résultat a été atteint par des économies à hauteur de 72’000’000 et des augmentations de recettes fiscales de 156’000’000

Est-ce satisfaisant?

Pas vraiment…

Pas vraiment, car il manque encore une volonté ferme de corriger notre situation financière générale qui est pour le moins inquiétante si ce n’est pas franchement catastrophique.

Partant du principe que la situation économique de Genève va plutôt en se dégradant qu’en s’améliorant, que l’augmentation de la dette est quand même un indicateur pertinent pour affirmer que Genève vit au-dessus de ses moyens, il est donc venu le temps de mesures un peu plus drastiques!

A titre d’exemple, prenons la mesure, proposée dans le cadre des “Mesures d’augmentation de revenus“:…. La poursuite de la politique d’internalisation des ressources de la Direction générale des systèmes d’information (DGSI) permet d’éviter le recours à des contrats de location de service (L.S.E.) pour assumer des tâches pérennes. Un gain net de 2,6 millions pour 2015 est prévu (dont 4,5 millions de revenus provenant de l’activation des charges de personnel sur les projets informatiques) ainsi que 1 million pour 2016 et de 0,5 million pour 2017…

Comprenne qui pourra!…

C’est bien, mais c’est une mesure comptable! Donc pas vraiment une augmentation réelle de revenus!!!

Partant du principe qu’il nous faut absolument diminuer notre dette et arriver à des budgets effectivement équilibrés, il faut prendre le taureau par les cornes, et réaliser des avoirs non directement productifs: nous nous devons, d’assurer le paiement pour les 40 prochaines années des 140’000’000 annuels qu’il faut payer à la caisse de retraite des fonctionnaires. Il nous faut également nous donner les moyens d’assurer la politique sociale que nous voulons.

L’Etat doit donc vendre ce qui n’est pas directement lié à ses politiques publiques, et qui donc, de fait, n’est pas son “core business”.

Ainsi, les participations de l’Etat dans les entités suivantes doivent être réalisée au plus vite, et ces gains venir en déduction de la dette.

  • Participation dans la Banque Cantonale de Genève
  • Participation dans Geneva Palexpo
  • Aéroport de Genève
  • Etc…

Et pour diminuer le montant faramineux dû à la caisse de retraite et qui oblige l’Etat pour plusieurs dizaines d’années (pour rappel 140’000’000 par an)

  • Transfert de l’entier des actifs des fondations immobilières à la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG) et négociation d’un agio du fait de la diminution de la durée de remboursement.
  • Cotisation paritaire employeur/employé à ladite Caisse

Pour chacune de ces propositions, il existe mille et une raisons de dire que ce n’est pas faisable: les communes sont aussi actionnaires; mais qui veut acheter un aéroport; la rentabilité des Fondations immobilières n’est pas bonne, vous voulez punir les fonctionnaires, etc., etc.

A tout ces mauvais arguments, en l’état de nos finances, une seule réponse: peut-on faire autrement? L’augmentation de la fiscalité (déjà la plus haute de Suisse) n’étant évidemment pas une option pour diminuer la dette!

Alors, on y va?

 



C’est pas beau de rapporter!…

Rentrée politique, rentrée scolaire, rentrée tout court…

Et que fleurissent des idées ou des propositions particulièrement sottes! Toutes basées sur la dénonciation! (facile, par la suite d’expliquer aux chères têtes blondes qu’il ne faut pas rapporter…)  Ainsi d’aucuns, toujours à la recherche d’une bonne idée, entendent favoriser la dénonciation des profs “gauchistes”! Chacun sait que les enseignants devraient être lobotomisés et ne distiller que la doxa officielle, et ce d’une manière parfaitement aseptisée. Une école sans réflexion, toute lisse, va nous former une élite de grande qualité! S’il est parfois vrai, que certains enseignants ont la fâcheuse habitude de confondre les enfants qu’ils ont à charge, avec les engagements de leurs parents (j’en ai fait l’expérience lorsque je présidais un Parti…), cela ne justifie pas, me semble-t-il, l’ouverture de la chasse (c’est l’automne) aux “sorciers/sorcières gauchistes”. Si ce n’est à vouloir une école encore moins rattachée aux réalités difficiles et changeantes du monde contemporain!

Mais ce fâcheux travers n’est pas l’apanage que de certains. Ainsi, on découvre aussi la “dénonciation préventive”; légèrement plus sophistiquée, mais tout aussi condamnable. Inspirée, j’imagine, des “grèves préventives”, concept très en vogue chez les policiers genevois; la dénonciation préventive consiste donc a dénoncer un concept, une idée, un projet en devenir. On a entendu dire…, on suppose que…, il se pourrait que…, tel ou tel bâtiment en construction, devienne à terme autre chose (chose que personne ne connaît pour le moment) que ce que l’on croit savoir. Il faut donc dénoncer préventivement. Exemple: la très éventuelle future affectation de la prison de la Brennaz que l’on agrandit actuellement, et qui pourrait, éventuellement dans le futur devenir un centre de détention administrative.

C’est enfin, celles et ceux qui, sur les réseaux sociaux, ont aperçu celui-ci ou celle-là, faisant, ou ne faisant pas, ceci ou cela et qui se dépêche d’en informer la terre entière de la “faute” commise…

Les terrasses sont encore agréable à fréquenter: parlez vous au lieu de vous dénoncer parmi!

 



Et Vous, qu’auriez-vous fait?…

Voici le décret :
“Nous avons informé les dirigeants des chrétiens de venir découvrir leur statut sous le régime de l’état du califat dans la province de Ninive. Ils ne se sont pas présentés au rendez-vous fixé. Nous avions prévu les trois choix suivants:
1- devenir musulman
2- accepter le statut des dimmi
3- en cas de refus du premier et le deuxième choix, ils seront exterminés par l’épée.
Le prince des croyants, le calife Ibrahim, a généreusement laissé aux chrétiens la possibilité de s’exiler par eux-mêmes à l’extérieur des frontières de l’État islamique Cela doit être fait avant le dernier délai qui est prévu pour le samedi 19 juillet à midi. Après ce délai, il n’y aura que l’épée.”